21/06/2015

Mémoire de mon village

Jeudi 18 juin à 18h30 à la salle des fêtes, Jacques Malé, villeneuvois depuis toujours, est venu commenter avec une belle émotion, un diaporama  sur la 6.jpgmémoire du village que Sandra Vicini et Stéphanie Martinez l'ont aidé à finaliser. Composé de photos d'archives familiales et de cartes postales prêtées par les habitants, il a exposé 80 ans de la vie et de l'environnement du village depuis l'année 1900. Illustré par des poèmes du barde local Laurent Falgas et de musiques catalanes, son montage a battu le rappel de la nostalgie et nombre de spectateurs ont reconnu parents et amis du temps passé. Sur l'air de: "là haut sur la colline, il y avait un vieux village", des portraits pittoresques ont passé la barrière du temps: Fichus serrés sur des visages austères, casquettes crânement penchées sur l'oreille, les grands anciens, propriétaires ou ouvriers agricoles sourient à leurs descendants par delà les ans. Dans les rues pas encore goudronnées, les enfants jouaient dans les agouilles qui récoltaient les eaux usées, de jolies fontaines fraîches faisaient patienter l'eau courante dont l'adduction viendrait plus tard et les vieilles maisons grises se serraient dans les ruelles ombrées. Dans ce pays de pierres sèches et de poussière, on travaillait avec des chevaux et des charrettes qui n'avaient pas de mal à passer les gués escarpés qui font tant de mal aux essieux de nos voitures modernes surbaissées. Les vignes escaladaient la colline et avançaient leurs pampres jusqu'aux abords du village, ce qui fait qu'on n'avait pas besoin d'aller trop loin pour la taille. Le lac, qui ne sera mis en eau3.jpg qu'en 1977, n'était encore qu'un vague étang entouré de prés salés. Il servait de paradis aux chasseurs et aux garnements qui y jouaient aux gendarmes et aux voleurs. Puis la vie des hommes étant ce qu'elle est, les choses ont changé. Pas toutes cependant; la cave coopérative est toujours là et le monument aux morts qui déménagera bientôt, aussi. Il n'y a plus trace des bains douches d'où le gardien Camps vous faisait sortir à grands coups de seaux d'eau froide balancés par-dessus les portes des cabines si vos ablutions duraient trop longtemps! Mais les amandiers fleurissent toujours au printemps sur les talus et les rives. Ils sont peut-être les gardiens tutélaires du charme d'une terre qui conserve jalousement les traces de son humanité.

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Jacques Malé et son public

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